States of Elevation – Kilian Jornet – L’homme qui tutoie l’impossible – 72 sommets américains en 31 jours.
Après les Pyrénées (177 sommets, 43 000 m D+ en 8 jours) et les Alpes (82 sommets de 4 000 m en 19 jours)… Kilian Jornet a une nouvelle fois repoussé les limites de l’endurance et de l’aventure humaine.
Son projet « States of Elevation », mené en septembre 2025, restera dans les annales comme l’un des exploits les plus démesurés de l’histoire de l’alpinisme moderne.
States of Elevation – Un défi titanesque à travers les États-Unis
En un mois seulement, Jornet a relié 72 sommets de plus de 4 267 mètres.
Soit l’équivalent de 5145 km parcourus à pied et à vélo, avec un dénivelé positif cumulé de 123 045 mètres. Le tout, sans aucune assistance motorisée.
Parti le 3 septembre depuis le Longs Peak (4 346 m, Colorado), il a enchaîné les ascensions des mythiques Fourteeners, ces montagnes de plus de 14 000 pieds, dans des conditions parfois extrêmes.
Durant ses 16 premiers jours, il a avalé 56 sommets du Colorado – parmi lesquels ceux de la Freeway, des Elks ou encore du Nolan’s 14.
Avant de poursuivre sa traversée vers le Nevada, la Californie, puis le Washington.
Une épopée sans moteur ni assistance
Fidèle à son éthique du « pur effort », Jornet a relié chaque sommet à la seule force de ses jambes, alternant 4133 km à vélo (soit 80 % du parcours) et 1011 km de course à pied.
Des journées interminables, parfois plus de 20 heures d’effort, dans une nature sauvage et imprévisible.
Lors de l’ascension du Mont Shasta (4 322 m), il a dû affronter des vents à -20°C, l’un des épisodes les plus durs de toute sa traversée.
Vendredi 3 octobre à 23h30 (heure locale), il atteignait le Mont Rainier, point culminant de l’État de Washington, et dernier sommet de son odyssée.
Un final grandiose, symbole de sa philosophie : la lenteur, la solitude, la passion de la montagne dans sa forme la plus brute.
States of Elevation – Les chiffres d’un exploit vertigineux
- 72 sommets de plus de 4 267 m
- 5 145 km parcourus (à pied et à vélo)
- 123 045 m D+ cumulés
- 488 heures, 52 minutes et 7 secondes d’activité
- 31 jours d’aventure continue
Ces statistiques dépassent tout ce qu’on peut imaginer : l’équivalent de plusieurs Tours de France, courus en haute altitude, seul, et sans aide extérieure.
Une aventure humaine avant tout
Au-delà des chiffres, Kilian Jornet décrit ce périple comme une quête d’essence :
« Ce projet n’était au départ qu’une idée sur une carte. Aujourd’hui, c’est devenu une aventure humaine, une façon de découvrir des lieux qui me sont désormais très chers. »
Il confie avoir été fasciné par la diversité des paysages américains, par la faune, la flore, et par la puissance de la nature.
Au fil des kilomètres, il a aussi partagé quelques sections avec des amis, dont Dakota Jones, autre légende de l’ultra-trail américain.
Un symbole d’humilité et de persévérance
En reliant ces 72 sommets, Jornet ne signe pas seulement un record.
Il démontre que la performance peut être un acte contemplatif, une exploration du monde et de soi-même.
Ce projet marque une nouvelle étape dans son parcours : après l’Europe, l’Amérique devient le nouveau terrain de jeu de son esprit insatiable.
Et l’après States of Elevation ?
Des Pyrénées aux Alpes, des Himalayas aux Rocheuses américaines, Kilian Jornet continue d’écrire son propre mythe.
Chaque aventure repousse un peu plus la frontière entre l’homme et la légende.
Le monde de la montagne attend désormais son prochain chapitre. Car avec Jornet, l’histoire n’est jamais terminée — elle ne fait que recommencer.
Bien s’équiper pour le sport



